Klaus Guingand – Artiste de Coeur



Klaus Guingand vit et travaille sur notre planète.

Klaus Guingand est un guerrier ! Son parti est pris : le but n’est pas l’esthétisme mais la critique. Ou tout simplement la Vérité. Intelligent, cynique, cultivé, nomade, mais aussi pugnace, généreux et humaniste, cet artiste contemporain qui s’est déjà fait un nom dans ce « petit milieu » dès 1987, met son œuvre conceptuelle au cœur des questions éternelles : le temps donc, Dieu, la vérité, la réalité, nos peurs.

Sa série « Ombres » s’est déroulé sur plus de 23 ans, « Shadows painting » de quelques 220 personnalités internationales (peintres, musiciens, acteurs, chanteurs, ou encore avocat) dont il n’est ni (particulièrement) fan ni (aucunement, en opportuniste) profiteur. Pour rendre criante cette vérité, l’ombre suit toujours la substance, K. Guingand a voulu que chacune de ces pièces uniques soit co-signée par l’artiste et le « modèle vedette », et de plus, non vernie, afin de disparaître dans le futur. Il dit « Warhol était sur le paraître, moi je suis sur l’être ». L’être et l’avoir, le corps et l’esprit, toujours et encore. Klaus parle du présent au présent, c’est un artiste vraiment contemporain. Pas comptant pour rien… 

Pour 1€ symbolique, il a donné 70 « Ombres » en 1995 à une association pour la lutte contre le Sida. Atteint de la maladie incurable de la Création, Klaus l’hypersensible tente toujours de développer le libre arbitre du regardeur, homme du commun, lui faire ouvrir les yeux par le regard qu’il portera à l’œuvre en déchiffrant sans cesse des concepts clairs, des slogans qui sont loin de l’égotisme de ceux d’un Ben par exemple.

Très vite encouragé par le grand galeriste américain Léo Castelli, Guingand ne manque pas de souffle et d’humour. Grand nettoyeur de la médiocrité et de l’imbécillité, il expose en 1991 « L’aspirateur Guingand » qui avale des milliers de grands noms de l’Histoire de l’Art matérialisés sur de petits papiers. Guingand vide son sac et nous propose de faire de même. L’art, les gens, l’argent. Voilà une nouvelle mise en Klaus…

Son travail sur le billet vert, « Dollart » débute en 94 et donnera à partie de 1999 , l’œuvre « In God We Trust » un véritable manifeste, soutenu activement par le critique Pierre Restany. Le billet de $100 Dollart Guingand se présente comme un ironique et explosif mètre étalon. Chacune de ces « coupures », pourvue de leur numéro de série et co-signée Guingand-Restany, prolifère en liasse qui, par certaines, montent au $ million cash.qui deviendra IN GOD WE TRUST un milliard cash. soit 1000 œuvres, emballées sous plastique, c’est pesé ! « La véritable valeur d’une œuvre d’art n’est pas son prix, mais sa capacité et sa force de pénétration dans les cerveaux »: c’est clair!

Une œuvre de 12 mètres sur 2 mètres 50 illumine de 852 ampoules ces 7 lettres de métal : MAFIART. Il fait luire ceux qui se font reluire, il faire lire ce qui entoure l’art : les réseaux, les galeries, les coteries, le business et les bisbilles, le racisme social et les haines, la réussite et la perte de ce qui fait vraiment l’art et l’artiste.
Klaus dénonce la gangrène du gang de l’art marchand.

Klaus Guingand est un artiste toujours en devenir. Sur la défensive et l’offensive. Sans multiplier les expositions, tant en France qu’à l’étranger, Japon et Etats Unis surtout, Klaus Guingand est un créateur toujours riche de multiples projets de grande envergure. Parfois fatigué mais jamais désespéré . Son actuel projet est, une fois de plus, de longue haleine : « En attendant la mort », œuvre d’art globale, universelle, pour nous les vivants. Luttons, l’art est toujours une arme, jamais un remède!

( Photo en haut à gauche de l’article: Klaus Guinguand et moi-même (2011) )